J’ai ouvert mon premier PER en 2021. À l’époque, j’étais sceptique — bloquer de l’argent jusqu’à la retraite, très peu pour moi. Et puis j’ai fait mes calculs. Quand tu es dans une tranche marginale d’imposition à 30% ou plus, le PER te permet littéralement de récupérer 30 centimes par euro investi sous forme de réduction d’impôt. Ça change complètement la donne.

Depuis, j’verse entre 3 000 et 5 000€ par an sur mon PER, et chaque printemps, mon avis d’imposition me rappelle pourquoi c’est une de mes meilleures décisions financières. Pour être honnête, le PER n’est pas fait pour tout le monde — et il y a des pièges que personne ne t’explique. Voilà ce que j’aurais aimé savoir avant de me lancer.

🔍 Comment fonctionne le PER (vraiment)

Le Plan d’Épargne Retraite, c’est une enveloppe créée par la loi PACTE en 2019 pour remplacer le PERP, le Madelin et compagnie. Le principe est simple : tu verses de l’argent, tu déduis ces versements de ton revenu imposable, et tu récupères le capital (ou une rente) à la retraite.

Concrètement, ton argent est investi sur des supports financiers — fonds euros, ETF, SCPI, OPCVM — exactement comme une assurance vie. La différence majeure : l’argent est bloqué jusqu’à la retraite (avec quelques exceptions qu’on verra plus bas).

💡 Point clé : Le PER existe en 3 versions : le PER individuel (celui qui nous intéresse ici), le PER d’entreprise collectif (ex-PERCO) et le PER d’entreprise obligatoire (ex-article 83). Tu peux transférer les anciens contrats vers un PER individuel.

Les cas de déblocage anticipé

L’argent est bloqué, oui, mais pas dans tous les cas. Tu peux sortir avant la retraite pour :

  • Achat de ta résidence principale : c’est le cas le plus utilisé, et d’ailleurs c’est un vrai argument pour les jeunes actifs
  • Décès du conjoint
  • Invalidité (toi, ton conjoint, tes enfants)
  • Surendettement
  • Expiration des droits au chômage
  • Cessation d’activité non salariée suite à liquidation judiciaire

Calculs financiers et planification retraite

💰 L’avantage fiscal : simulation concrète

C’est là que ça devient intéressant. Quand tu verses sur un PER, tu peux déduire le montant de ton revenu imposable. Et la déduction se fait à ta tranche marginale d’imposition (TMI). Plus ta TMI est élevée, plus l’avantage est gros.

🎯 Exemple concret : Tu gagnes 55 000€ net imposable et tu es dans la tranche à 30%. Tu verses 5 000€ sur ton PER. Ton revenu imposable descend à 50 000€. Économie d’impôt : 5 000 × 30% = 1 500€. Ton versement ne t’a coûté en réalité que 3 500€.

Et si tu es à la tranche à 41% ? Le même versement de 5 000€ ne te coûte plus que 2 950€. C’est presque du 2 pour 1.

TMI Versement Économie d’impôt Coût réel
11% 5 000€ 550€ 4 450€
30% 5 000€ 1 500€ 3 500€
41% 5 000€ 2 050€ 2 950€
45% 5 000€ 2 250€ 2 750€
⚠️ Attention : L’impôt est différé, pas annulé. À la sortie (retraite), le capital sera réintégré dans ton revenu imposable. Mais si ta TMI baisse à la retraite (ce qui est le cas pour la majorité des gens), tu es gagnant. Tu déduis à 30% aujourd’hui, tu es imposé à 11% demain.

Le plafond de déduction

Tu ne peux pas déduire autant que tu veux. Le plafond est le plus élevé entre :

  • 10% des revenus professionnels N-1 (plafonnés à 8 fois le PASS, soit environ 37 094€ pour 2026)
  • 4 637€ (10% du PASS — le minimum garanti)

Et le truc que beaucoup ignorent : tu peux rattraper les plafonds non utilisés des 3 années précédentes. Ça veut dire que si tu n’as rien versé pendant 3 ans, tu peux potentiellement déduire plus de 100 000€ d’un coup. C’est marqué sur ton avis d’imposition, rubrique “plafond épargne retraite”.

🏆 Quel PER choisir en 2026

Tous les PER ne se valent pas. Loin de là. Les frais varient du simple au triple, et les supports disponibles aussi. Dans mon cas, j’ai comparé une dizaine de contrats avant de me décider.

Ce que je regarde en priorité :

  • Frais sur versement : 0% impératif. Les banques traditionnelles prennent souvent 2 à 3%, c’est du vol pur et simple
  • Frais de gestion UC : entre 0,5% et 0,6% chez les meilleurs, jusqu’à 1% chez les mauvais
  • Supports disponibles : accès aux ETF (indispensable), SCPI, fonds euros performant
  • Gestion libre : pouvoir choisir toi-même tes supports

Les contrats que je recommande aujourd’hui : Linxea Spirit PER (le plus complet en termes de supports, avec des ETF et des SCPI sans frais d’entrée), et le PER de Lucya Cardif pour ceux qui veulent un fonds euros costaud. J’ai le Linxea Spirit PER perso — les frais de gestion sont à 0,5% et j’ai accès à une bonne sélection d’ETF World.

Graphiques boursiers et investissement long terme

📊 Ma stratégie d’investissement sur le PER

Mon approche est assez simple. Comme l’horizon est très long (20-25 ans dans mon cas), je suis quasi full ETF actions :

  • 70% ETF MSCI World : la base, diversification mondiale
  • 15% ETF S&P 500 : surpondération US assumée (les résultats parlent d’eux-mêmes)
  • 10% SCPI européennes : pour la décorrélation et les revenus
  • 5% Fonds euros : la poche sécurité, surtout pour rééquilibrer

Je verse en général en fin d’année pour optimiser (tu connais ton revenu imposable, donc tu peux ajuster le montant). Et d’ailleurs, petit tip : si tu as des revenus exceptionnels une année (prime, plus-value, bonus), c’est LE moment de charger le PER.

💡 Point clé : Avec un versement de 5 000€/an pendant 25 ans à 7% de rendement annuel moyen, tu arrives à environ 340 000€ brut. Et tu n’auras payé en réalité que 3 500€/an (si TMI 30%), soit 87 500€ de ta poche. Le ratio est dingue.

⚠️ Les pièges et limites à connaître

Le PER n’est pas un produit miracle. Voici les points qui me dérangent (et que les vendeurs oublient systématiquement de mentionner) :

  • Fiscalité à la sortie : si tu sors en capital, le montant est ajouté à ton revenu imposable l’année de la sortie. Si tu récupères 200 000€ d’un coup, ça fait très mal. La solution : fractionner les retraits sur plusieurs années
  • Sortie en rente : les tables de mortalité utilisées sont souvent défavorables. La rente peut être décevante par rapport au capital accumulé
  • Effet tunnel : ton argent est bloqué. Si tu en as besoin avant, c’est mort (sauf achat RP ou accident de vie)
  • Transferts coûteux : les frais de transfert sont plafonnés à 1% les 5 premières années, puis gratuits. Mais quand même, 1% sur un gros encours, ça pique
⚠️ Attention : Si tu es à la TMI 11%, le PER est rarement intéressant. Tu déduis à 11% aujourd’hui et tu pourrais être imposé à 11% aussi à la retraite. Autant mettre l’argent sur un PEA ou une assurance vie, où la fiscalité à la sortie est bien plus douce.

🎯 Pour qui le PER est vraiment intéressant

Pour être honnête, le PER a un public cible assez précis :

  • TMI 30% ou plus : c’est le seuil à partir duquel ça devient vraiment rentable
  • Indépendants et professions libérales : les plafonds Madelin historiques peuvent être très élevés
  • Primo-accédants futurs : le cas de déblocage pour achat de résidence principale en fait un super plan d’épargne boosté fiscalement
  • Revenus exceptionnels : une année avec une grosse plus-value ? Le PER absorbe le surplus de fiscalité

En revanche, si tu as 25 ans, une TMI à 11% et que tu commences juste à investir, concentre-toi d’abord sur le PEA. Le PER viendra plus tard, quand tes revenus (et ta fiscalité) auront grimpé.

✅ Mon avis final sur le PER

Le PER est un outil puissant, mais c’est pas un produit qu’on ouvre les yeux fermés. Dans ma stratégie patrimoniale, il représente environ 15% de mon allocation globale — derrière le PEA et l’assurance vie, mais devant les SCPI en direct.

Ce que j’aime : l’effet de levier fiscal immédiat, la possibilité de sortir pour un achat immobilier, et le fait que ça force l’épargne longue (parfois, être bloqué c’est une feature, pas un bug).

Ce que j’aime moins : l’incertitude sur la fiscalité dans 25 ans — qui sait ce que les gouvernements futurs décideront ? Et le manque de flexibilité si ta situation change.

Mon conseil : si tu es à 30%+ de TMI, ouvre un PER chez Linxea ou Lucya, verse le maximum déductible chaque année, investis en ETF World, et oublie-le. Dans 20 ans, tu te remercieras.