Mise à jour : mai 2026.

Il y a quelques années, ma femme et moi avons décidé de faire installer des panneaux solaires sur la toiture de notre maison. Après une année complète de production, il est temps de faire un bilan de la rentabilité de cet investissement. Je vais aussi vous expliquer mes démarches, mes conseils, et surtout comment a évolué l’équation économique du solaire : car en 2026, le message clé a changé. La rentabilité ne vient plus de la revente du surplus, mais bien de l’autoconsommation.

Panneaux photovoltaïques : mon avis après une année de production

Lorsque vous installez des panneaux solaires, vous avez le choix de revendre toute la production ou de consommer en priorité votre production et de ne revendre que le surplus. C’est cette seconde solution, l’autoconsommation avec revente de surplus, que nous avons choisie — et c’est aujourd’hui la plus pertinente, comme nous le verrons.

Comment trouver la bonne société ?

Vous avez le choix entre deux types de sociétés pour l’installation de panneaux solaires sur la toiture d’un particulier : les grosses sociétés nationales et les petites sociétés locales proches de chez vous.

Les sociétés nationales (par exemple Ikea propose ce type d’installation) sont généralement moins chères, mais vous n’avez jamais le même interlocuteur et vous devez traiter avec plusieurs sous-traitants. Les devis se font à distance, au téléphone, avec une vue satellite de votre toiture.

Les sociétés locales ont l’avantage d’être à vos côtés du début à la fin, avec une bonne communication tout au long du processus et même une fois l’installation terminée. C’est ce type de société que nous avons choisi. Pour les personnes qui vivent dans le Vaucluse, c’est la société Alectron Energy à côté d’Avignon et nous avons été très satisfaits.

Nous avons remarqué que la différence de prix entre les sociétés venait aussi de la qualité des matériaux proposés. Des panneaux / onduleur de marques chinoises sans SAV français seront forcément moins chers que du matériel européen avec SAV français et une longue garantie (25 ans). Pour comparer les devis équitablement, demandez à ce qu’ils proposent tous les mêmes modèles de panneaux et le même onduleur.

Les aides pour l’installation de panneaux solaires

Les aides concernent uniquement les installations en autoconsommation, comme la nôtre. Elles prennent la forme d’une prime à l’investissement (prime à l’autoconsommation) versée selon la puissance installée, et d’un tarif d’achat garanti sur 20 ans pour le surplus revendu (contrat EDF OA).

Attention : ces montants sont révisés régulièrement et ont nettement baissé. Au 2e trimestre 2026, à titre indicatif, la prime à l’autoconsommation se situe autour de 0,08 €/Wc pour les installations de 0 à 9 kWc et de l’ordre de 0,12 €/Wc pour celles de 9 à 36 kWc. Vérifiez toujours les barèmes en vigueur au moment de votre devis, car ils évoluent chaque trimestre.

Combien de panneaux solaires installer ? Combien ça coûte ?

Une autre question concerne la taille de l’installation. En général, les sociétés proposent des devis avec une installation de 3 kWc, l’installation standard. À savoir qu’il y a de nombreux frais fixes : une installation de 6 kWc ne va donc pas doubler le prix du devis. Il peut être plus intéressant de mettre un peu plus de panneaux pour optimiser la rentabilité — à condition de bien dimensionner l’installation par rapport à votre consommation, ce qui est le vrai sujet aujourd’hui (voir conclusion).

Voici les prix que nous avons eus de la même société pour différentes tailles d’installation :

  • Prix pour une installation de 2,9 kWc : 9 800€ (9 020€ aides déduites)
  • Prix pour une installation de 5,85 kWc : 14 150€ (12 700€ aides déduites)
  • Prix pour une installation de 7,15 kWc : 15 000€ (12 970€ aides déduites)

Beaucoup de banques proposent des financements intéressants pour ce type d’installation, par exemple un prêt écoresponsable chez Boursorama.

Jour J : la mise en place des panneaux sur la toiture

Trois mois après la validation du devis, après quelques démarches administratives (la société s’est occupée de tout) et les délais légaux purgés, vient le jour de l’installation. Nous avons choisi une installation à 7,15 kWc qui comprend 22 panneaux solaires. Avec une équipe de 3 personnes, la société a terminé en deux jours : deux personnes sur la toiture et les panneaux, une autre sur l’installation électrique et la mise en place de l’onduleur.

Les nouvelles habitudes à prendre

Une fois l’installation terminée, nous avons modifié notre abonnement EDF pour passer du forfait heures creuses / heures pleines au forfait de base, car désormais toute notre consommation électrique doit passer la journée. Notre onduleur est livré avec une application web et mobile permettant de suivre en temps réel notre production et notre consommation. Cela nous permet de caler nos habitudes : lancer les machines à laver, le lave-vaisselle, la piscine, le chauffage, le chauffe-eau, la recharge de la voiture électrique tout au long de la journée, et non plus la nuit. C’est exactement ce levier — maximiser l’autoconsommation — qui fait la rentabilité aujourd’hui.

Rentabilité des panneaux solaires en 2026 : tout se joue sur l’autoconsommation

Sur notre première année, la production a été d’environ 11 000 kWh pour une consommation d’environ 10 800 kWh. Nous avons autoconsommé près de 6 090 kWh et revendu environ 4 910 kWh, soit un taux d’autoconsommation d’environ 55%. Attention : la plupart des devis affichent 70% pour gonfler la rentabilité, mais ce taux paraît difficilement atteignable pour une installation supérieure à 3 kWc.

Voici le point essentiel à comprendre en 2026 : le solaire n’est plus rentable principalement grâce à la revente du surplus. Le tarif de rachat du surplus par EDF OA a fortement et continuellement baissé. Pour une installation de 0 à 9 kWc, il tourne désormais autour de 4 c€/kWh (de l’ordre de 4,73 c€/kWh pour les puissances de 9 à 100 kWc), bien loin des tarifs d’il y a quelques années. Revendre son surplus ne rapporte donc presque plus rien.

La vraie valeur vient aujourd’hui de l’autoconsommation : chaque kWh que vous produisez et consommez vous-même, c’est un kWh que vous n’achetez pas au réseau — au prix du marché, qui lui ne cesse de monter. Plus vous consommez votre propre production, plus vous économisez sur votre facture. C’est là que se joue la rentabilité, et c’est pourquoi il faut dimensionner son installation pour coller à sa consommation diurne plutôt que de surdimensionner en comptant sur la revente.

Bilan : bien dimensionné et orienté vers l’autoconsommation, le solaire reste un bon investissement, avec des économies dès la première année et qui progressent avec la hausse du prix de l’électricité. Mais l’équation a changé : ne raisonnez plus en “revente” mais en “économies de facture”.

Points forts :

  • Les panneaux solaires peuvent valoriser votre maison
  • Un investissement concret, rentable s’il est bien dimensionné pour l’autoconsommation, et 100% passif
  • Tarif d’achat du surplus garanti 20 ans et économies qui augmentent avec le prix de l’électricité

Points faibles :

  • Investissement réservé aux propriétaires de maison individuelle
  • Il faut idéalement une toiture en bon état, sur un même niveau (pour éviter les surcoûts), une bonne orientation (sud) et une situation géographique ensoleillée
  • La revente du surplus ne rapporte presque plus rien : la rentabilité dépend de votre capacité à autoconsommer