Le taux du Livret A remonte au 1er août : le ministre de l’Économie l’a confirmé fin juin, et sauf surprise on devrait passer de 1,5% à environ 1,8% (le chiffre officiel a été annoncé mi-juillet sur proposition de la Banque de France). Bonne nouvelle pour les 55 millions de détenteurs, mais soyons clairs : même à 1,8%, un Livret A plafonné à 22 950€ ne fera pas de vous un rentier, et surtout il ne répond pas à la vraie question que beaucoup d’entre vous me posent en commentaire ou par mail : où mettre l’argent qui dépasse le plafond, ou celui qui dort sur le compte courant ?
Voici comment je vois les choses en cette rentrée 2026, avec les solutions que j’utilise moi-même pour mon propre cash.
Le Livret A d’abord : remplissez-le, mais pas plus
Aucun débat là-dessus : le Livret A (et son jumeau le LDDS, plafonné à 12 000€) reste la première brique. Disponible à tout moment, zéro impôt, zéro risque. Si vous êtes éligible au LEP, c’est encore mieux : son taux restera toujours au-dessus de celui du Livret A (il devrait tourner autour de 2,8% après la hausse d’août), donc remplissez-le en priorité jusqu’à ses 10 000€ de plafond.
Le problème commence après. Une fois ces livrets pleins, chaque euro supplémentaire sur votre compte courant perd de la valeur face à l’inflation. Et c’est là que la plupart des gens s’arrêtent, faute de savoir quoi faire ensuite.
Au-delà du plafond : les fonds monétaires
C’est ma solution préférée pour le cash qui dépasse les livrets, et celle que j’utilise depuis plus d’un an. Le principe d’un fonds monétaire : votre argent est placé en dette d’État à très court terme, et le rendement suit les taux de la Banque centrale. Pas de blocage, pas de plafond, pas de risque de marché significatif.
La version moderne, ce sont les fonds monétaires tokenisés comme Spiko, accessible dès 1 000€ et agréé AMF, dont je vous parle régulièrement ici. L’avantage face au Livret A : pas de plafond justement, et un rendement brut généralement supérieur. L’inconvénient : les gains passent par la flat tax de 31,4%, là où le Livret A est net d’impôt. Il faut donc comparer en net, mais au-delà du plafond du livret, la question ne se pose même plus puisqu’il n’y a pas d’alternative défiscalisée.
L’assurance-vie et son fonds en euros
Pour le cash que vous n’allez pas toucher avant plusieurs années, le fonds en euros d’une bonne assurance-vie reste un pilier : capital garanti par l’assureur, rendement qui s’est nettement redressé ces dernières années, et surtout la fiscalité douce de l’assurance-vie après 8 ans. C’est aussi le seul placement de cette liste qui prépare votre succession au passage.
Encore faut-il un contrat sans frais d’entrée et sans frais de versement, sinon le rendement de la première année part en fumée. J’ai détaillé mon contrat préféré dans cette catégorie dans mon avis sur Lucya Cardif. Et pour les gros patrimoines qui veulent une protection renforcée, il y a maintenant l’assurance-vie luxembourgeoise accessible dès 50 000€.
Les comptes à terme et livrets boostés
Les banques en ligne dégainent régulièrement des livrets « boostés » à 3 ou 4% pendant deux ou trois mois. Franchement, pourquoi pas pour récupérer une prime au passage, mais ne vous faites pas d’illusion : passé la période promo, le taux retombe sur une rémunération médiocre, et le taux affiché est brut. C’est du marketing d’acquisition, pas une stratégie de placement.
Le compte à terme est plus intéressant dans sa logique : vous bloquez une somme sur une durée connue contre un taux garanti. Ça peut avoir du sens pour une somme dont vous connaissez la date d’utilisation (un apport immobilier dans 18 mois par exemple). Pour du cash dont vous voulez garder la disponibilité, le monétaire fait mieux sans blocage.
Les deux erreurs à éviter
La première : laisser des dizaines de milliers d’euros sur le compte courant « en attendant de savoir quoi en faire ». J’ai reçu des mails de lecteurs avec 60 000 ou 80 000€ qui dorment depuis des années. À 2% de rendement manqué, ça fait 1 200 à 1 600€ par an partis en fumée, tous les ans.
La seconde : confondre réserve de sécurité et épargne long terme. Le cash, c’est pour les imprévus et les projets à moins de 2-3 ans. Au-delà, la bourse via un PEA ou une assurance-vie en gestion pilotée a historiquement toujours fait mieux, à condition d’accepter les secousses. Garder 100 000€ en monétaire pendant 20 ans est une erreur presque aussi coûteuse que de tout mettre en bourse la veille d’un krach.
Conclusion : ma façon de ranger le cash
Ma hiérarchie personnelle n’a pas changé avec la hausse d’août : LEP si éligible, puis Livret A et LDDS jusqu’aux plafonds, puis fonds monétaire type Spiko pour tout le cash disponible au-delà, et le fonds en euros d’une assurance-vie sans frais pour la partie que je peux immobiliser quelques années. Le compte courant, lui, ne garde que ce qu’il faut pour vivre le mois.
Et vous, où rangez-vous votre cash au-dessus des plafonds ? Dites-le-moi en commentaire, ça aidera les lecteurs qui hésitent encore entre ces solutions.
